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Samedi, le groupe « État Critik » manifestait devant ma permanence parlementaire à Châteaulin pour dénoncer une supposée privatisation à venir des routes bretonnes. Dans un communiqué commun avec mes collègues députés bretons, nous rétablissons la vérité :

Un quotidien breton titrait vendredi 13 décembre « Routes : une brèche dans la gratuité » se faisant ainsi le relais d’un collectif Facebook « Etat kritik » qui veut « dénoncer les pratiques inadmissibles de l’État Français et de l’Europe à l’égard des Français (…) afin d’éveiller les consciences ! ». Cela appartient aux médias de parier sur la véracité d’informations validées par 622 membres d’un groupe sur un réseau social…

Qu’en est-il de cette potentielle privatisation des routes nationales bretonnes ?

Deux amendements ont été déposés par Joël Giraud, député des Hautes-Alpes et adoptés, dans la Loi d’Orientation sur les Mobilités. Ils prévoient d’élargir les possibilités pour les concessionnaires d’autoroute d’adjoindre des portions de voies publiques à leurs concessions, tout en modifiant la notion d’autoroute, qui pourrait « comporter des sections à gabarit routier (2×1 voie, limitée à 80 km), dans des conditions définies par décret en Conseil d’État, tenant compte notamment de contraintes topographiques ».

Aussitôt, c’est Anne de Bretagne et le général de Gaulle que l’on assassine et « les ponts de Morlaix et Saint-Brieuc seront privatisés » dit une membre de ce collectif.

Ces amendements modifient le Code de la voierie routière, en précisant que « ces ouvrages ou ces aménagements peuvent porter sur des sections à gabarit routier ayant pour effet de fluidifier l’accès au réseau autoroutier. » La proximité de Morlaix ou Brest d’une autoroute n’est pas tout à fait avérée !

Joël Giraud avait d’ailleurs précisé, en juin 2019, que « la norme obligatoire d’une autoroute 2×2 voies séparées avec bandes d’arrêts d’urgence est modifiée. Dès lors que les conditions économiques, environnementales ou géomorphologiques le justifieront, une autoroute pourra avoir un gabarit routier. Tel est déjà le cas dans les zones de montagne de tous les pays d’Europe, notamment la Suisse, l’Autriche et l’Italie mais demeurait impossible en France sauf à légiférer autoroute par autoroute, comme cela a été le cas de l’A43 entre Saint-Michel-de-Maurienne et le Tunnel du Fréjus. » Cela existe donc déjà, en zone de montagnes. La situations montagnarde de la Bretagne n’est pas tout à fait avérée non plus !

Deuxième changement apporté par l’amendement, selon Giraud : « Le droit actuel prévoit que les autoroutes peuvent être prolongées si on démontre la nécessité et l’utilité de ce prolongement. Désormais, l’objectif de desserte des territoires devient un des critères d’appréciation des adossements, par ailleurs très encadrés par le droit européen. »

« On reste dans le cadre de l’adossement, explique Giraud à CheckNews de Libération en juin 2019, donc pour des voies contiguës aux autoroutes, et pour des portions limitées dans l’espace, rarement plus de 30 kilomètres. » C’était déjà donc démenti, précisé, explicité, il y a six mois…

Donc, nous sommes tout à fait désolés mais État Kritik s’alarme à tort. Alertes ou peurs qui ne résistent pas à la lecture de la loi, ou à l’écoute de l’auteur de ces amendements, sont mauvaises conseillères. Sauf si l’on a le projet politique de n’être que dans la critique de l’État…

La Bretagne n’est pas la montagne, et ces routes nationales ne deviendront pas autoroutes, ni privatisées par cette loi. Au contraire, c’est même l’achèvement de la mise à deux fois deux voies et gratuites de la RN164 qui est au programme des prochaines années.

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