Première édition de la Fête de la mer et des littoraux

J’ai eu le plaisir, ce lundi, d’ouvrir la première édition de la Fête de la mer et des littoraux à l’Assemblée nationale.

 

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

 

Monsieur le Ministre d’Etat,  cher François de Rugy,

Monsieur le Secrétaire général à la Mer, monsieur le préfet Denis Robin,

Monsieur le Président de la SNSM, cher Xavier de La Gorce,

Mesdames et messieurs les parlementaires et élus,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Mesdames et messieurs,

 

Au moment d’ouvrir cette conférence de presse qui doit présenter le programme de la Fête de la Mer et des Littoraux, nous ne pouvons pas faire comme si la mer était seulement festive.

Elle a aujourd’hui, hélas, le goût des larmes. Je veux de nouveau saluer la mémoire de Dimitri Moulic, d’Alain Guibert et de Yann Chagnolleau qui, la semaine dernière, ont trouvé la mort en allant secourir un pêcheur aux Sables d’Olonne. Le canot Patron Jack Morisseau est parti avec sept personnes à bord, quatre seulement sont rentrées.

Monsieur le Président de La Gorce, j’ai déjà eu l’occasion, dans l’hémicycle comme jeudi aux Sables d’Olonne, de vous exprimer à la fois toute ma peine mais aussi toute mon admiration et ma gratitude pour la grande famille des sauveteurs en mer, que vous présidez. Ce sont ces 8 000 femmes et hommes de la Société nationale de sauvetage en mer qui ne cessent de prendre des risques sur leur temps libre, oui bénévolement, pour secourir et sauver les autres.

Chaque année, près de 9 000 interventions effectuées, plus de 10 000 usagers de la mer directement secourus, au large et sur le littoral. Vous êtes admirés et salués aujourd’hui, mais il nous faut aussi vous soutenir, y compris financièrement et c’est l’une des vertus de cette fête de la mer et des littoraux que nous présentons aujourd’hui. Le 28 juin, la fête du sauveteur en mer se déroulera à Paris sur la Seine, puis ensuite dans toutes les stations de la SNSM sur le littoral.

Je ne saurai trop recommander aux Françaises et aux Français, à Paris, comme sur tous les littoraux de venir vous saluer, mais aussi de venir contribuer au financement de cette bravoure bénévole.

La tragédie des Sables d’Olonne nous le rappelle : c’est une chose sérieuse, périlleuse, la mer ; les Finistériens le savent depuis longtemps. C’est aussi un enjeu de pouvoir, à la fois géopolitique et environnemental.

Dans ses profondeurs, notre vieux pays de terriens n’en a pas suffisamment conscience, et pourtant, il faut le dire et le redire : la France fait partie des grandes thalassocraties du monde moderne.

Deux façades maritimes, une présence planétaire grâce aux Outre-mer : notre pays contrôle aujourd’hui le deuxième domaine océanique mondial, juste après celui des États-Unis.

Cela signifie qu’au lieu des 555 000 kilomètres carrés de terre ferme en métropole auxquels trop souvent on limite notre territoire, ce sont en réalité 12 millions de kilomètres carrés que couvre le drapeau français, si on inclut les eaux territoriales et les zones économiques exclusives, outre-mer compris. Bref, la France, c’est plus grand que la Chine !

Cet immense territoire maritime, en outre, s’étend dans les deux hémisphères, sur tous les océans du globe, l’Atlantique, le Pacifique, l’océan Indien, y compris dans les eaux glacées des Kerguelen et de la Terre Adélie.

 

 

Or, qui sait en France que nous possédons un archipel voisin de l’Australie, les îles Chesterfield, poussière de territoire couvrant 20 000 kilomètres carrés d’étendues océaniques ? Car ce sont aussi des îles chaudes, comme l’atoll de Clipperton dans le Pacifique, les îles Éparses de l’océan Indien, qui nous permettent de jouer un rôle de vigie : stations météo, étude de la biodiversité, mesures de la pollution, action contre la piraterie… Chaque fois que, sur un îlot oublié, flotte le drapeau tricolore, les pays voisins et la planète en général ne s’en portent pas plus mal.

Aujourd’hui, près de 80 % de l’humanité habitent les bandes littorales. Et ce que les experts en géopolitique appellent « la maritimisation du monde » ne va pas sans soulever des questions planétaires.

« Homme libre, toujours tu chériras la mer », disait Baudelaire. Le problème est qu’il a été entendu : l’humanité aime tant la mer qu’elle finit par la dégrader, c’est pourquoi nous devons tout faire pour défendre et valoriser nos territoires littoraux.

L’avenir maritime de la France, c’est en ce moment qu’il se joue : c’est vous, professionnels de la mer, c’est nous, hommes politiques, qui devrons faire très vite les bons choix pour que la mer, d’où sort la vie, continue de nous nourrir et de nous ouvrir au monde.

Car la mer représente aussi un extraordinaire champ d’innovation. « L’économie bleue », ce n’est pas un mythe : ce sont de véritables opportunités que nous devons saisir. Bien gérer les ressources halieutiques, puiser des énergies renouvelables dans les forces infinies du vent, du soleil et des marées, voilà les grands chantiers par lesquels nous inventerons le monde de demain.

Alors, ce soir, je vous propose que le Palais-Bourbon soit comme une île battue par les flots ! En tant que Président de l’Assemblée nationale, je veux que les questions maritimes prennent toute leur place dans le débat public.

Et cette fête de la Mer dont Sophie Panonacle va vous dévoiler dans quelques instants le programme, je souhaite qu’elle amorce une prise de conscience dans notre pays.

Oui, nous avons besoin d’une véritable politique de la mer, qui englobe tous les aspects, économiques, écologiques, diplomatiques, du sujet.

Oui, nous devons éduquer les Français à ce qu’est la mer, et je saisis cette occasion pour appeler les vacanciers, les plaisanciers, les nageurs, les estivants à la responsabilité. Paul Guimard, qui avait comme passions la littérature et la mer, notait justement que « sur la mer, personne ne vous prend en tutelle. C’est le dernier espace au monde où vous êtes responsable. »

La mer peut et doit être plaisir, mais elle doit être toute autant admirée que crainte.

Au mois de juin dernier, chère Sophie Panonacle, vous aviez déjà organisé ici les « Elles de l’Océan » qui s’attachait à mettre en valeur les femmes qui se sont illustrées dans les métiers maritimes.

Je suis heureux de vous retrouver pour donner avec vous le coup d’envoi de cette Fête de la mer et des littoraux. Une belle aventure, avec un bel équipage : la Marine nationale, le Cluster maritime, la SNSM, l’Association nationale des élus du littoral et plusieurs ministères – au premier rang desquels le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Je vous remercie tous de votre présence et je passe la parole à Sophie Panonacle.

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