Des vœux et des débats

Élus du territoire, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, acteurs associatifs, syndicaux, représentants de l’État, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, militants et amis m’ont fait l’amitié de se déplacer à Pleyben ce matin, pour partager ensemble nos vœux pour 2019.

À l’issue de cette rencontre, j’ai passé un long moment intéressant de dialogue avec des concitoyens vêtus du gilet jaune.

Retrouvez mes vœux :

 

Madame la Sous-Préfète,

Mesdames et Messieurs les maires,

Chers collègues élus,

Mesdames et Messieurs les Officiers et Sous-Officiers,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

 

C’est à nouveau cette année avec un décalage de quelques jours après la fin de janvier que je vous ai conviés à cette rencontre amicale.

N’y voyez pas de ma part une volonté obstinée de modifier le calendrier de la bienséance pour présenter les vœux, mais simplement le choix de me permettre de participer le plus largement possible en janvier aux cérémonies communales et de vous permettre d’être là, en dehors du calendrier habituel.

Je remercie Madame la Maire de Pleyben d’avoir permis notre rassemblement de ce matin dans cette belle salle de l’Arvest, non-loin du remarquable ensemble architectural religieux qui contribue à la renommée de la commune et de notre Finistère intérieur.

Permettez-moi tout d’abord de saluer les représentants de la gendarmerie, qui œuvrent sur notre territoire, et à travers eux, d’exprimer ma gratitude à l’égard des forces de sécurité qui garantissent la juste application des lois de la République partout sur le territoire national.

Je rends hommage également aux victimes du devoir qu’ils ont eues à déplorer dans leurs rangs.

Je remercie également les représentants des sapeurs-pompiers de notre territoire, qui eux aussi, ont eu fort à faire au cours de l’année écoulée, et qui ont également eu à déplorer dans différentes régions de France, et chez nous, des blessés.

Merci aux représentants des militaires et des sapeurs-pompiers de transmettre notre profonde solidarité à leurs camarades.

2018 a également vu la disparition de notre ami Hervé Clabon, avec lequel je sillonnais toujours les routes du Finistère.

Blagueurs, nous aimions dire que nous circulions ensemble puisqu’un malheur n’arrivait jamais seul. Le malheur est désormais la solitude que nous ressentons en son absence.

En septembre, quelques jours après son départ, j’ai reçu l’honneur de mes collègues députés qui m’ont porté à la présidence de l’Assemblée nationale.

Soyez sûrs que dans cette mission qui me conduit à veiller à la bonne tenue de nos débats parlementaires et au respect des expressions pluralistes de notre démocratie, dans cette mission qui me conduit à représenter à l’étranger, ou après d’hôtes étrangers, notre République, je garde toujours au cœur le Finistère et à l’esprit tous les projets, tous les dossiers, qui en proviennent.

Bien qu’installé au perchoir, je ne me sens pas haut-perché, et c’est avec un plaisir chaque semaine renouvelé que les vendredis, samedis et dimanches je suis ici, sur le terrain.

Nous traversons une période sans doute inédite pour notre pays. Dans sa forme, sa spontanéité, son retentissement, le mouvement récent interpelle nécessairement toutes celles et tous ceux qui ont des responsabilités, quel que soit le niveau de celles-ci.

L’Assemblée nationale a siégé jour et nuit à la fin du mois de décembre pour permettre la mise en oeuvre concrète des engagements solennels pris le 10 décembre par le Président de la République.

Le temps est désormais au débat. Le cadre donné offre la possibilité à chaque citoyen de s’exprimer, en réunion, ou par écrit en mairie, ou par une plateforme électronique dédiée.

Les élus qui le souhaitent organisent, ou en tous cas facilitent, la tenue de débats.

C’est ainsi que j’ai participé hier à l’un d’entre eux à Telgruc-sur-Mer, tandis que d’autres sont en cours de programmation sur notre circonscription dans les semaines à venir.

Viendra ensuite le temps de la restitution et des synthèses. C’est là que seront définis les axes de travail, les outils et les moyens de l’action publique qui y seront dédiés.

C’est à ce stade que l’Assemblée nationale se saisira des enjeux qui auront prioritairement émergé pour examiner les réponses politiques qui pourront être utilement apportées.

Je souhaite rappeler, puisque le besoin semble parfois s’en faire sentir, qu’être citoyen, c’est exercer tous ses droits, c’est faire face à tous ses devoirs, dans le respect des règles collectives et des autres citoyens ; mais être citoyen, ce n’est pas avoir tous les droits et la vie en collectivité passe par des règles communes, qui ne procèdent pas que de l’addition des désirs ou de la satisfaction des besoins de chacun.

Le débat entre Français, toujours, le combat, jamais !

Il convient aussi de distinguer l’exercice légitime de la force pour faire respecter la loi, que l’on ne peut renvoyer dos à dos avec les violences délibérées qui se sont exercées ici ou là.

Je n’ai encore jamais vu un représentant des forces de l’ordre, ou un élu de la République, jeter des boules de pétanque ou des bouteilles d’acide au visage d’autres citoyens, mais j’ai vu des élus maltraités, insultés, des représentants de l’État et des membres des forces de sécurité recevoir des agressions, juste intolérables.

Pourtant, dans ce contexte agité, j’ai entendu pendant la période des vœux les projets que réalisent ou qu’élaborent nos communes et nos communautés de communes. C’est du sérieux, du concret, du solide, au service de tous !

J’ai rencontré de nombreux responsables d’entreprises et d’associations qui se battent pour leurs projets, pour leur développement et donc pour l’emploi et pour le lien social.

J’ai reçu des organisations syndicales qui portent des positions légitimes pour améliorer la situation de leurs mandants et de bien des salariés.

J’ai échangé fréquemment avec les représentants du monde agricole, qui eux aussi, font des propositions pour conjuguer rentabilité économique et qualité de notre alimentation.

J’ai écouté des enseignants, des responsables de structures dédiées à la jeunesse et à l’éducation, qui s’engagent chaque jour pour préparer les générations futures.

C’est pourquoi, en 2019, je souhaite ardemment que les déploiements d’énergie créatrice que je rencontre partout trouvent leur plein succès. Chacun a quelque chose à gagner au succès de tous !

Mes vœux sont aussi des vœux de solidarité pour tous ceux qui en ont besoin, parce qu’ils souffrent de la maladie, de la solitude, du handicap, ou parce qu’ils font face à des difficultés matérielles : ils existent et je sais que partout dans les services publics, y compris à ma permanence de Châteaulin, ils cherchent à ce que s’ouvrent des portes derrière lesquelles ils espèrent trouver des réponses.

Mais mieux que la solidarité de l’action publique, il y a la fraternité.

Ce troisième terme de notre devise nationale, qui s’incarne par la main tendue à un voisin, à une connaissance, ou encore dans l’action d’associations qui précisément rassemblent, aident et permettent de bien vivre ensemble.

Un autre vœu, puisque c’est la période, est l’espérance dans une Europe qui ne sera pas que la cohabitation quasi-obligée de nations peureuses et égoïstes, mais la construction d’un avenir partagé parce que là encore, l’unité dans la diversité est le seul chemin de la paix, de la prospérité et de la liberté des individus, mais aussi de la liberté de circuler, de commercer et de se cultiver.

2019 nous donnera l’occasion de montrer que les Bretons sont certes à la pointe, mais surtout à la pointe de la construction européenne, fidèle à notre histoire, qui mêle la revendication de particularités au désir d’ouverture sur les autres.

Je dis souvent que la Bretagne a une France d’avance. Il nous incombera, à nous Bretons, de donner à la France, une Europe d’avance, en montrant qu’au temps du repli nous opposons résolument un désir fraternel de conquête de l’avenir, sans mythique nostalgie passéiste.

Sur un plan plus personnel, permettez-moi de présenter à chacune et à chacun d’entre vous, des vœux de santé et de bonheur, de succès et d’épanouissement dans vos projets, qu’ils soient personnels ou professionnels.

Comme j’ai reçu vos vœux, je vous offre les miens, en partage avec toutes celles et tous ceux que vous aimez.

Bonne année, bloavez mad d’an holl !

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