Journée internationale des droits de l’enfant : mon discours pour l’inauguration de l’exposition Objectif enfance

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, j’ai inauguré hier à l’Assemblée nationale l’exposition Objectif enfance, proposée par le collectif Enfance :

 

Seul le prononcé fait foi.

 

Madame la Présidente de la Commission des Affaires sociales, chère Brigitte Bourguignon

Mesdames les Présidentes du groupe d’étude sur les droits de l’enfant, chères Maud Petit et Alexandra Louis,

Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues,

Mesdames et Messieurs les présidents et représentants des associations,

Chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

 

Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous ce soir pour l’inauguration de l’exposition Objectif enfance, à la veille de la Journée internationale des droits de l’enfant.

Cette exposition nous est proposée par le collectif Enfance, ensemble d’associations très impliquées dans le respect de ces droits et l’application réelle de la convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des nations unies le 20 novembre 1989 et dont la France est signataire.

Le respect des droits de l’enfant, partout dans le monde, devrait être une évidence, de même que leur promotion. L’application de la convention, presque trente ans après son adoption, ne devrait plus donner lieu à discussion. Et c’est naturellement le sens des messages que nous portons dans le cadre de la coopération internationale, notamment parlementaire, en promouvant la nécessité de l’éducation, de l’accès à la santé et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Les axes de la convention paraissent d’ailleurs s’imposer tout naturellement. Qui peut s’opposer à ce que les enfants, quels que soient leur lieu de naissance et leur situation, aient un toit ? Qui peut refuser qu’ils aient accès à la santé, à l’éducation, à une nourriture suffisante et saine ainsi qu’à l’eau potable ?

Comment ne pas reconnaître, au XXIe siècle, que les enfants doivent être consultés et participer pleinement aux décisions qui les concernent ?

Et pourtant, ce qui paraît pour nous des évidences reste, en réalité, des combats à mener.

Certes, depuis 1989, des progrès ont été accomplis, mais ils demeurent insuffisants pour que tous les enfants du monde puissent vivre dans la dignité qui leur est due.

Les chiffres sont là, terribles, insupportables :

  • 150 millions d’enfants travaillent dans le monde, dont la moitié dans des conditions dangereuses ;

  • 263 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés ;

  • 6 millions d’enfants meurent prématurément et les deux tiers de ces décès pourraient être évités ;

  • Enfin, 385 millions d’enfants vivent dans une extrême pauvreté.

Ces statistiques concernent d’abord les pays les plus pauvres, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne, qui subissent déjà les effets du réchauffement climatique. Nous savons que, sans mesures fortes d’ici à 2030, la situation ne pourra que s’aggraver et que dans cette région du monde, ce seront neuf enfants sur dix qui vivront dans la grande pauvreté.

L’exposition que vous nous présentez met en évidence ce lien fort entre les objectifs de développement durable et le respect des droits de l’enfant.

Je partage cette conviction. C’est pourquoi, lorsque Maud Petit m’a proposé que l’Assemblée nationale accueille cette exposition, j’ai tout de suite répondu favorablement à cette demande. Il me paraît symboliquement important que ces images puissent être vues ici, à l’Assemblée nationale, cœur battant de la République.

C’est ici que nous votons la loi et nous la rédigeons aussi pour les enfants : ils ne sont pas électeurs, ils ne sont pas encore citoyens, mais ils ont vocation à le devenir et doivent pour cela être protégés et formés. Les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité s’appliquent d’abord à eux, parce qu’ils sont les plus vulnérables, parce qu’ils ont besoin de nous pour devenir pleinement eux-mêmes.

Au pays de Gavroche en effet, les droits de l’enfant sont directement liés à la construction de la citoyenneté, thème qui fera je crois l’objet d’un colloque ici même le 29 novembre prochain. Si j’évoque Gavroche et tout ce qu’il symbolise d’innocence bafouée, c’est parce que le premier parlementaire qui se préoccupa des droits de l’enfant fut sans doute Victor Hugo, qui en fit à la fois un thème littéraire et une cause politique.

Méditons ses paroles : « Le droit de l’enfant, c’est d’être un homme : ce qui fait l’homme, c’est la lumière ; ce qui fait la lumière c’est l’instruction. » Et il concluait : « En élevant l’enfant, nous élevons l’avenir. » Nous devons nous engager pour que les enfants d’aujourd’hui, où qu’ils vivent, éclairent l’avenir de l’humanité.

Les députés, depuis Hugo, ont pleinement conscience de l’importance de ce sujet et des enjeux qui s’y attachent, comme l’atteste l’action du groupe d’études sur les droits de l’enfant et la protection de la jeunesse qui nous permet d’être réunis aujourd’hui.

Je suis convaincu également que la France a un rôle éminent à jouer. Elle doit être un modèle. En engageant des politiques exemplaires, elle peut être un moteur pour les autres États. Et c’est ce que nous faisons :

En matière d’éducation d’abord et particulièrement d’égalité des chances. On le sait, les inégalités commencent dès le plus jeune âge et ne font que s’aggraver au fil des années. On ne peut se résoudre à une telle fatalité. Le Gouvernement, soutenu par les parlementaires, a pris des mesures fortes pour améliorer cette situation : école obligatoire dès l’âge de trois ans, dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les zones d’éducation prioritaires notamment.

L’éducation ne se limite pas à l’école. Et il est particulièrement important de promouvoir partout une éducation bienveillante et sans violences. Car nous savons tous que ces violences ordinaires laissent des traces durables sur les enfants qui les subissent. C’est tout le sens de la proposition de loi que vous avez déposée, chère Maud Petit, et qui sera examinée en séance le 29 novembre prochain.

L’éducation, c’est aussi poser les bases de la citoyenneté et du respect des valeurs républicaines. Cela va de l’interdiction des téléphones portables en classe au respect de la laïcité. Pour garantir le respect de l’autre, nous luttons contre le fléau du harcèlement et promouvons de toutes nos forces une culture d’égalité entre les femmes et les hommes en combattant les stéréotypes.

Il nous faut également protéger les plus fragiles :

Les enfants handicapés, en leur assurant la possibilité d’aller à l’école avec la mise à disposition de plus de 3 500 postes supplémentaires d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH),

Les enfants qui vivent dans des conditions précaires. Je le dis clairement, il n’est pas tolérable qu’en France il y ait trois millions d’enfants pauvres. C’est tout le sens de la stratégie de lutte contre la pauvreté, mise en œuvre par le Gouvernement et à laquelle les parlementaires participent pleinement.

Enfin, sans méconnaître les impératifs qui encadrent le séjour et l’asile en France, les mineurs non accompagnés et les enfants migrants, en leur assurant des conditions de vie décentes.

Nous avons encore des progrès à accomplir pour que tous les enfants qui vivent sur le territoire français, quelle que soit leur situation personnelle, aient la possibilité de vivre leur enfance dans la dignité qui leur est due.

Nous en sommes conscients. Il nous faut, par exemple travailler sur la question de la protection de l’enfance. C’est un sujet qui sera traité par le Gouvernement et le Parlement très bientôt.

Soyez assurés que ces questions sont pour nous des préoccupations majeures et qu’elles constituent, pour chacun d’entre nous, une priorité.

Cette exposition vient donc à point nommé pour raviver ces enjeux et nous mobiliser encore. Elle appelle à une prise de conscience et surtout, montre que des solutions sont possibles. Je n’en doute pas : les actions qu’elle décrit seront une source d’inspiration pour chacune et chacun d’entre nous.

Je vous remercie.

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