Une agriculture respectueuse des territoires et des paysans

De rappeler également que les élections professionnelles de la Chambre d’agriculture auront lieu dans un an et qu’elles seront l’occasion pour la Confédération de peser sur les orientations de la politique agricole, de faire entendre ses propositions pour faire face aux défis et enjeux de l’agriculture.

L’après midi, Myriam et Ronan Gonidec, producteurs de lait à Kerlaz, nous ont présenté leur exploitation et surtout la manière dont ils envisagent l’avenir.

L’ occasion de revenir sur les difficultés que connait la filière lait depuis une dizaine d’années. Ils jugent le prix payé au producteur insuffisant pour vivre dignement et parallèlement une charge de travail en continuelle progression, ce qui ne laisse pas de place aux loisirs et au repos pour les agriculteurs.

Pour eux, ce système encourage à produire davantage à bas coûts au lieu de se diriger vers une production de haute qualité à forte valeur ajoutée.

Il existe aujourd’hui douze fois moins de fermes qu’en 1972 mais qui produisent autant de lait. La productivité par travailleur aurait quant à elle doublé en dix ans.

La plus grosse part des emprunts remboursée, le couple se demande aujourd’hui s’il est judicieux de réinvestir pour entretenir la ferme ou de changer de voie… tout en s’interrogeant sur les conséquences d’une nouvelle baisse du prix du lait.

La qualité du lait produit n’est pas valorisée, selon eux, quand il est destiné à être transformé en poudre de lait pour l’exportation. Dans cette ferme familiale, la passion du métier qui les anime depuis toujours, n’est plus au rendez-vous. Ils se disent réduits à un simple rôle d’opérateur, sans plus aucun pouvoir de négociations avec la coopérative, qu’ils n’auraient même plus le choix de quitter.

La transmission des exploitations et une pyramide des âges vieillissante inquiètent les agriculteurs : les fermes sont parfois devenues trop grandes et donc trop chères pour des jeunes qui voudraient s’installer.

Préparer cette transmission dans de bonnes conditions n’est pas possible pour le syndicat si le prix du lait reste en deçà du coût de production. La confédération entend défendre “une agriculture respectueuse des territoires, qui permet de faire vivre le tissu local grâce à de petites fermes et leur savoir-faire.”

Lors de l’assemblée, la confédération est revenue également sur la place des agriculteurs au sein des coopératives. Elle souhaiterait que des organisations de producteurs par bassin puissent se constituer et permettre de négocier un prix juste avec les industriels tout en reprenant la main sur les volumes.

Les députés examinent en ce moment la loi qui traduira les volontés exprimées par tous les acteurs lors des États généraux de l’alimentation. Le prix payé au producteur est au cœur de ce débat législatif ainsi qu’une réflexion sur les techniques de production qui devraient permettre d’améliorer le quotidien des agricultrices et agriculteurs.

Ce projet de loi vise également à encourager les volontés locales qui oeuvrent à promouvoir une consommation et une agriculture durables, locales, saines et respectueuses des modèles existants.

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