Brennilis, la déconstruction de la centrale se poursuit

 

Lors de la présentation des vœux de la centrale nucléaire en déconstruction de Brennilis, Jean Cucciniello, directeur du site, a présenté le bilan des travaux réalisés en 2017 et les projets pour 2018.

La cérémonie avait lieu à la Maison du lac en présence d’élus du territoire, des entreprises présentes sur le site, des salariés et des représentants d’associations, de pompiers et de gendarmes. Nous avons pu ensuite visiter le bâtiment hébergeant le réacteur de la centrale.

La centrale nucléaire de Brennilis était un réacteur à eau lourde fonctionnant à l’uranium légèrement enrichi, de faible puissance. Cette centrale expérimentale a été la seule construite en France et a fonctionné pendant 18 ans (de 1967 à 1985).

La France a fait un autre choix pour ses centrales, celui des réacteurs à eau pressurisée pour répondre aux besoins en électricité qui augmentaient très rapidement dans les années 70. La filière à eau lourde et à gaz carbonique ne fut pas développée davantage du fait de la complexité des circuits nécessaires.

La déconstruction de la centrale est engagée depuis de nombreuses années, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le directeur a souhaité revenir sur les différentes phases de la démolition et a indiqué que la destruction du radier était presque achevée, sous un confinement qui isole le chantier de l’environnement.

Il s’agissait de démolir et acheminer les gravas d’une dalle en béton de 1000 m2 et d’un mètre d’épaisseur, vestige des fondations de l’ancienne station de traitement des effluents.

L’assainissement des terres situées sous le radier en question sera la prochaine étape pour cette année.

En novembre dernier, la synthèse des observations a été réalisée et un dossier est actuellement accessible au public afin de l’informer en toute transparence de la suite des opérations. La Commission locale d’information (Cli) détient également ce dossier et permet d’informer régulièrement les élus et le public.

Quant à l’étape décisive du démantèlement, à savoir la déconstruction du coeur du réacteur, où sont stockées les matières les plus radioactives, un dossier sera déposé en juillet 2018. Il faudra ensuite compter trois ans d’instruction par l’ASN avant d’avoir l’autorisation sous la forme d’un décret. Durant ce temps, des actions de sécurisation et de préparation du démantèlement seront entreprises, l’enquête publique se préparera et une réflexion sera engagée sur l’avenir du site.

Une dizaine d’années de travaux seront enfin nécessaires pour la déconstruction complète, soit à l’horizon 2031.

Le Directeur a précisé que des discussions étaient engagées avec les élus sur le devenir de la Maison du lac. Elle pourrait être cédée aux collectivités afin d’investir dans un projet de développement pour le territoire, en parallèle du projet de déconstruction.

Quant au périmètre où la centrale était installée, il restera à priori industriel. EDF évoque l’installation d’un centre de stockage de données, qui serait bien adapté aux aménagements et la configuration du site.

Brennilis héberge également trois turbines à combustion. Cette centrale thermique apporte ponctuellement au réseau un complément d’électricité afin de faire face aux aléas du temps ou peut contribuer au redémarrage d’une centrale. Elle est entièrement pilotée à distance et peut être mise en route 24h/24.

Dans un souci de transparence, EDF offre la possibilité aux visiteurs de venir visiter les installations de la centrale nucléaire et/ou de la centrale thermique tout au long de l’année. La Maison du lac, espace Découverte permettant d’en savoir plus sur l’histoire de l’électricité, ses moyens de production ainsi que les étapes de la déconstruction d’une centrale nucléaire, accueille également le public. L’année dernière, 3000 visiteurs et pas moins de 700 scolaires ont pu en profiter. 

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