Contre les violences faites aux femmes : ne rien laisser passer

Samedi 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence faites aux femmes, Marlène Schiappa, le Président de la République instaurait l’égalité femmes-hommes Grande cause du quinquennat.

Aux côtés de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Emmanuel Macron a annoncé les contours du plan national, axé autour de trois priorités : l’éducation et le combat culturel pour l’égalité, un meilleur accompagnement des victimes, et le renforcement de l’arsenal répressif.

Les milliers de récits démontrent l’ampleur de la tâche à mener.

En témoignent les chiffres, édifiants, qui mettent par ailleurs en exergue la complexité et l’enracinement profond des violences faites aux femmes : une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, 93 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol chaque année. Loin de l’imaginaire collectif, elles sont neuf sur dix à connaître leur agresseur, et seules 10 % d’entre elles portent plainte.

L’urgence nécessite de renforcer l’accompagnement et la protection des victimes, notamment en soutenant les structures et associations qui y oeuvrent quotidiennement. 

Les crédits dédiés à la lutte contre les violences faites aux femmes ont été augmentés de 13 %. Ils seront sanctuarisés, alors que 420 millions € supplémentaires seront alloués en 2018 pour défendre l’égalité entre les femmes et les hommes.

Dès l’année prochaine, des unités hospitalières de prise en charge psychotraumatique des victimes de violences seront d’autre part créées, soins qui seront pris en charge par la Sécurité sociale.

Pour faciliter la libération de la parole, il sera possible de porter plainte dans les lieux de prise en charge, comme les hôpitaux, ou en ligne, sous forme de discussion interactive avec des gendarmes et policiers formés et disponibles 24h sur 24.

Il est de surcroît urgent de renforcer notre arsenal répressif. 

C’est dans le cadre du projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes, qui sera débattu en 2018, qu’il est proposé d’allonger le délai de prescription à 30 ans pour des faits de viol sur mineur, d’instaurer un délit d’outrage sexiste immédiatement verbalisable par une amende dissuasive, d’aligner l’âge de consentement sur celui de la majorité sexuelle à 15 ans, ou encore d’intégrer le cyber-harcèlement dans le droit commun.

Si la prise en charge des victimes et les sanctions judiciaires sont des aspects cruciaux de la lutte contre les violences faites aux femmes, le combat culturel permettra de briser le cercle.

L’école et l’éducation sont les principaux leviers de ce changement profond de mentalité. Ainsi, un module d’enseignement consacré à la prévention et à la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences faites aux femmes sera mis en place dans les écoles publiques en 2018.

Il est également proposé d’étendre les pouvoirs du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), afin qu’il régule les vidéos sur Internet ou les jeux vidéos, quand l’Inspection du travail se voit doter d’une nouvelle priorité dans ses interventions, celle de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes.

Ce 25 novembre 2017, Emmanuel Macron a conclu son discours en évoquant le resaissement de la société française : un point de bascule, entre la netteté de la vérité et la puissance de l’espérance que notre République doit porter, pour toutes celles qui se sont senties parfois seules, quelques fois salies ou non-entendues.

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