Au SPACE, à la rencontre des professionnels de l’agriculture

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Je me suis rendu à la 29ème édition du SPACE (Salon des Productions Animales – Carrefour Européen) à Rennes, rendez-vous incontournable pour tous les acteurs de la filière agricole et agroalimentaire.

J’ai ainsi pu aller à la rencontre des professionnels de la circonscription et échanger avec des entreprises innovantes au service des agriculteurs tant dans le domaine du numérique que des énergies renouvelables.

La situation agricole était également au cœur des préoccupations des nombreux agriculteurs avec lesquels j’ai échangé.

Dans ce contexte, je vous propose de prendre connaissance de l’interview de Michel Morin, Vice-président du Conseil régional de Bretagne en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Quelle analyse faîtes-vous du contexte agricole et agroalimentaire à l’occasion du SPACE 2015 ?

Le contexte est difficile pour un certain nombre de producteurs en porc et en lait et pour tous les producteurs en viande bovine. En lait et en porc, les producteurs qui souffrent sont d’abord ceux qui ont des charges d’amortissement, en particulier les jeunes.

La crise laitière trouve son explication à la fois dans une surproduction mondiale et dans des achats moindres que prévus de la part de la Chine, sans compter la fermeture du marché russe.

En production porcine, la crise que nous connaissons trouve pour partie son origine dans la désorganisation de la filière française et pour partie dans la fermeture du marché russe mais aussi dans la poursuite de la diminution de la consommation de viande en France et d’autres pays européens.

À coté de cela, les marchés de l’œuf et de la volaille de chair vont plutôt bien. Idem pour ceux des légumes.

Les annonces du Gouvernement et de la commission européennes pour faire face à la crise sont-elles suffisantes ?

Les annonces du Gouvernement concernent les 3 filières animales qui souffrent. De ce que j’ai pu mesurer en Cellule de crise départementale, ces mesures répondent aux situations difficiles qui se font connaître, d’autant que le Gouvernement a fait une rallonge de crédits le 3 septembre.

La meilleure action mise en œuvre pour les producteurs de porcs, reste l’accord des principaux acheteurs obtenu par Stéphane Le Foll, de payer en prix de base, le porc a 1,40 euro le kg. Les mesures relatives au soutien des trésoreries en difficultés sont diversifiées afin de prendre en compte la multiplicité des situations.

Dans ce moment un peu compliqué, il faut quand même souligner que de nombreux producteurs continuent à gagner de l’argent.

Les mesures annoncées à la suite du Conseil des Ministres de l’Agriculture du 7 septembre, sont toutefois très insuffisantes, tant dans l’enveloppe proposée que dans les mesures annoncées.

Le Plan d’aides s’élève seulement a 500 millions d’euros pour l’ensemble des secteurs en difficultés pour toute l’Europe. Pour partie, il concernera des avances pour les aides PAC. Si le stockage privé en porc pourra se faire à des conditions annoncées plus avantageuses, l’augmentation du prix d’intervention n’a pas été proposée malgré la demande de plusieurs Pays dont la France.

Quant aux négociations avec la Russie pour rouvrir les exportations lorsqu’il n’y a aucune raison sanitaire, elles n’ont pas été décidées.

Bref, très peu de choses au terme de ce conseil européen. Des échanges se poursuivent mais je doute qu’ils permettent d’aller plus loin, car les États sont eux-mêmes divisés.

Comment peut agir la Région Bretagne dans ce contexte ?

La filière porcine a un problème de compétitivité par rapport à ses concurrents européens.

Une des raisons tient d’une part à la qualité moyenne des bâtiments d’élevage, d’autre part à la modernisation insuffisante des abattoirs. Chez nos voisins européens, ces outils ont souvent été rénovés et modernisés avec les Fonds européens FEADER des précédentes programmation. Cela n’a pas été le cas en France.

Maintenant que la Région gère le FEADER, nous avons fait le choix avec le Ministère de l’Agriculture d’engager un vaste Plan de modernisation des bâtiments d’exploitations agricoles, ainsi que des outils d’abattage et de transformation. Les premiers appels à projets pour les bâtiments agricoles, se sont soldés par le dépôt de 1000 dossiers correspondant à 100 millions de travaux subventionnés à 30% avec les crédits FEADER + État + Région. Sur les 1000 dossiers, la moitié concernent des travaux importants en termes de modernisation.

Un deuxième appel à projets se termine en ce moment. Je ne doute pas que de nombreux dossiers vont arriver dans les DDTM qui sont les guichets d’accueil.

Le Ministre a décidé le 3 septembre de faire un effort supplémentaire de 30 millions d’euros/an durant 3 ans pour ce Plan « Bâtiments d’exploitations agricoles ». Dans quelques jours, nous connaîtrons l’enveloppe supplémentaire affectée à la Bretagne. Le Conseil Régional est prêt lui aussi pour faire un effort supplémentaire à proportion de celui de l’État.

Maintenant que notre Plan de Développement Rural a été validé par Bruxelles, nous allons pouvoir répondre aux nombreuses demandes de subventionnement déposées par les entreprises de l’Agroalimentaire.

Là encore, il y a nécessité que des travaux soient réalisés, mais les dossiers déposés sont plutôt le reflet d’un rebond de l’agroalimentaire breton qui s’annonce. De ce fait, je suis raisonnablement optimiste pour l’avenir.

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