Hommage aux victimes et aux héros

(d’émouvantes cérémonies ont salué la mémoire des déportés, victimes des crimes nazis)

 

À Saint-Goazec, nous étions nombreux, rassemblés, en hommage à celles et à ceux qui, voici 70 ans, ont créé le premier maquis de Bretagne devenu par la suite le bataillon Stalingrad.

Deux survivants évoquèrent la mémoire de leurs camarades tandis que Mme Le Goff, 88 ans, se souvenait comment son père et son mari succombèrent. Malgré le deuil, sa mère et elle-même ont continué à cacher, nourrir et entretenir le linge des combattants de l’ombre pendant des mois, dans leur modeste ferme perdue dans les bois.

C’était un peu « aventureux » dit sobrement l’un des deux résistants présents, auxquels j’ai exprimé notre reconnaissance de vivre en démocratie, dans une République que leur combat a permis de rétablir.

À Port-Launay, la mémoire des déportés pour faits de résistance a été saluée par la Commune, en présence des familles, dépositaires de leur mémoire.

À Châteaulin, le Bâtonnier William Baley, avocat honoraire, avait répondu à l’invitation de la municipalité qui honorait le souvenir de son père, Émile Baley, brutalement arrêté, condamné et déporté parce qu’il refusait l’ordre nazi.

Dans un bref récit, il se souvint des conditions de l’arrestation de son père dont il ne pouvait alors imaginer qu’elle valait condamnation à mort, loin des siens.

Toutes ces cérémonies étaient chargées d’émotion, ici parce que les lieux portaient encore les marques d’un lourd passé, là parce que les témoignages des descendants faisaient se rouvrir des plaies jamais refermées.

Le message des associations de déportés qui rappelle combien les périodes de crises sont propices aux résurgences de la haine et du racisme doivent nous alerter : seule la solidarité dans les périodes difficiles peut nous préserver du pire.

Nous devons agir pour que les combattants de la liberté ne soient pas morts pour rien. Nous devons protéger et faire vivre les valeurs de liberté et de justice qui ont fondé leur lutte, payée au prix de leur vie, et dont nous sommes les héritiers.

 

Saint-Goazec. Journée du souvenir. Il y a 70 ans déjà… le 1er Maquis (Le Télégramme, le 30 avril 2013) 

Saint-Goazec. Le premier Maquis de Bretagne (Le Poher Hebdo, le 30 avril 2013)

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