Groupe Doux : surprises et interrogations

Avec de nombreux élus du Finistère et de Bretagne, j’ai participé à la manifestation de soutien aux salariés, éleveurs et autres entreprises victimes du Groupe Doux, vendredi dernier à Quimper.

Autour de Claude Bellin, Président de la Communauté de Communes de Châteaulin et du Porzay, j’ai participé à la délégation d’élus du territoire qui ont rencontré successivement le Préfet puis le Procureur de la République.

Première surprise : le député UMP des Côtés d’Armor, Marc Le Fur, et Bernadette Malgorn, chef de l’opposition UMP au Conseil régional, imposèrent leur présence dans des rencontres dont la configuration avait pourtant été arrêtée à l’avance (les élus de la Communauté et moi même, député de la circonscription).

Deuxième surprise : à l’inverse du Président Bellin et du Conseiller général Jacques Gouerou, au comportement responsable et centré sur l’objet même de la démarche, les deus élus UMP précités, avec le renfort de la Maire de Châteaulin, ont littéralement pris fait et cause pour le plan de continuation Barclays-Doux.

Troisième surprise : non seulement ces trois élus ne se sont pas contentés de défendre un plan que personne ne connaît, mais ils ont essayé de démonter l’offre de reprise du consortium Sofiproteol, avec un zèle qui interroge sur leurs motivations.

Restent nombre de questions : Pourquoi la lumière sur l’endettement du Groupe n’est elle pas encore faite ? Pourquoi Doux accepte-t-il soudainement de tout céder à la banque Barclays, après avoir refusé son concours en juin, afin d’éviter le dépôt de bilan ? Pourquoi une banque, par ailleurs empêtrée dans des scandales financiers, viendrait-elle investir là ?

D’autres interrogations encore : comment faire crédit à un « plan de continuation« qui a été « exposé mais non déposé« , de l’aveu même du Procureur ?

Ce qui est sûr dans cette affaire se résume à des drames humains : risques de pertes d’emplois pour les salariés, pertes de créances et donc fragilisation des élevages et des entreprises impayées.

Et ceci, quelle que soit la décision du tribunal, qui aura la lourde tâche de choisir entre un montage financier et un projet industriel, comportant tous deux des pertes d’emplois et d’argent.

Reste que la confiance, nécessaire pour reconstruire et espérer recevoir des fonds publics, ne pourra résulter que d’un projet viable et fiable. Un projet d’avenir pour des milliers de salariés et toute une filière.

Imaginer ces savoir-faire saccagés alors que la France importe 40% de notre consommation de poulet ne peut que susciter incompréhension et colère.

Il nous reste à faire confiance au tribunal, à s’en remettre à son expérience et à son jugement, n’en déplaise aux élus lobbyistes de Barclays-Doux.

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