Fichiers, banquiers et patrimoines

Au début de l’été, la droite n’eut de cesse d’attaquer les socialistes sur le thème des libertés : les Primaires se résumeraient à une vaste opération de fichage !

Quelques semaines plus tard, les ministres Mariani et Bertrand, eux, exaltent le fichage des « allocataires sociaux » pour traquer la fraude… avant d’expliquer piteusement que l’outil servira à accorder leurs droits à des bénéficiaires potentiels mais ignorants ou oublieux.

À la honte de la « chasse aux pauvres », ils ajoutent une dose de cynique hypocrisie.

Autre héraut du sarkozysme, le ministre Guéant qui se pourlèche et se rengorge : si tout va bien, il dépassera l’objectif de son prédécesseur qui était d’expulser 28 000 immigrés.

Pendant que la chasse aux pauvres et aux étrangers bat son plein, les spéculateurs se déchaînent en toute impunité, au risque de mettre à genoux l’économie mondiale.

Les craintes sur la solvabilité des États et leur mise en scène offrent aux banques la justification  de taux prohibitifs sur les emprunts des États.

Les gouvernements occidentaux et les banques centrales, tous chantres de l’orthodoxie libérale (que sont les socio-démocrates devenus ?), pratiquent comme les médecins de Molière : la saignée pour seul remède.

Unique obsession : la baisse des dépenses publiques avec, pour corollaire, celle des prestations sociales et des pensions de retraites et, cerise sur le gâteau, la privatisation générale des services.

À l’inverse, des recettes, de la dérégulation générale et du financement des ruineux cadeaux fiscaux aux plus riches, il n’est jamais question.

Les gouvernements européens, absents des débats et des décisions, laissent en Europe le patron de la BCE officier et délivrer ses injonctions.

« La croissance reviendra par la confiance des marchés », explique le bon monsieur Trichet.

En clair, l’alpha et l’oméga de toute politique reviennent à se soumettre aux désirs et aux critères des spéculateurs et des banques.

Leurs fondés de pouvoir sont en vacances… donc Trichet mène lui-même la danse.

Au fond, la sauvegarde du patrimoine de ceux qui en ont un passe par le sacrifice des politiques de solidarité et des services publics, seul patrimoine de ceux qui n’en ont aucun.

C’est sur ce thème et sur les choix politiques qu’il appelle (et donc des choix économiques, sociaux et fiscaux) que les candidat(e)s aux Primaires nous doivent  de faire entendre clairement et fortement leur voix.

 

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